#CLAAC – au Collège Rosemont

Depuis août 2011, les enseignants du Département de physique, et bien entendu leurs étudiants, ont la chance de vivre une expérience pédagogique relativement nouvelle au Québec. En effet, le Collège Rosemont a accepté d’aménager, à la suite d’une proposition unanime des enseignants du Département de physique, une classe d’apprentissage actif (ou classe du XXIe siècle) à l’usage des enseignants et des étudiants des cours de physique et de mathématiques. Lors de l’aménagement de cette classe, nous avons bénéficié de plusieurs bons conseils de la part d’enseignants du département de physique du Collège Dawson et aussi de personnes ressources de l’Université McGill.

 

L’aménagement de la classe

Pour favoriser le travail d’équipe, les enseignants ont opté pour six tables rondes (1,5 m de diamètre) pouvant accueillir six étudiants. Un petit tableau blanc traditionnel installé sur le mur (90 cm x 120 cm) est disponible pour chaque table.

La classe d'apprentissage actif au Collège Rosemont: Vue du TBI
La classe d’apprentissage actif au Collège Rosemont : Vue du TBI.

La classe est également équipée d’un tableau blanc interactif (TBI) d’un côté de la classe et d’un projecteur multimédia traditionnel qui projette le contenu du TBI sur un écran situé de l’autre côté de la classe. Ainsi, peu importe l’endroit où sont assis les étudiants, ceux-ci peuvent voir ce qui est affiché au TBI. Un grand tableau blanc traditionnel a également été installé derrière l’écran ce qui augmente la surface sur laquelle on peut écrire.

La classe d'apprentissage actif au Collège Rosemont: Vue de l'écran et du projecteur multimédia.
La classe d’apprentissage actif au Collège Rosemont : Vue de l’écran et du projecteur multimédia.

La classe est aussi équipeé de 12 ordinateurs portables (deux par table) que les étudiants doivent prendre dans une petite armoire au début du cours et qu’ils peuvent utiliser pour réaliser différentes tâches. Depuis l’automne 2013, les petits tableaux blancs ont été remplacés par des téléviseurs à grand écran.

La classe active au Collège Rosemont: Vue d'une table avec l'écran de télévision.
La classe d’apprentissage actif au Collège Rosemont : Vue d’une table avec l’écran de télévision.

 

Le rôle de l’enseignant

Donner un cours dans une telle classe place l’enseignant dans une situation particulière. La configuration de la classe impose pratiquement à un enseignant de changer sa vision de l’enseignement et de son rôle d’enseignant.

 « Lorsque vous entrez dans une classe, posez-vous cette question : s’il n’y avait pas d’étudiants dans la classe, pourriez-vous quand même faire ce que vous avez planifié? Si la réponse à cette question est oui, ne le faites pas! »

L’apprentissage actif peut se réaliser dans n’importe quelle classe traditionnelle. Toutefois, la configuration de la classe amène les enseignants à changer sa façon de préparer ses cours. En effet, les exposés magistraux sont limités et l’enseignant cherche davantage à mettre les étudiants en action. Comme le mentionne le général Ruben Cubero, Doyen de la faculté des forces armées de l’air des États-Unis : « Lorsque vous entrez dans une classe, posez-vous cette question : s’il n’y avait pas d’étudiants dans la classe, pourriez-vous quand même faire ce que vous avez planifié? Si la réponse à cette question est oui, ne le faites pas! »

Il y a donc une interaction entre les conceptions de l’enseignement et de l’apprentissage et l’utilisation des technologies; un changement de conception amène à l’utilisation des technologies ce qui, en rétroaction, change la conception. Comme l’a mentionné un enseignant : « Ce que je fais dans cette classe, j’aurais pu le faire avant! La configuration de la classe m’a obligé à penser différemment. » En effet, l’enseignant ne se considère plus comme uniquement un transmetteur d’information. Il se considère plutôt comme un guide et un entraîneur.

« Ce que je fais dans cette classe, j’aurais pu le faire avant! La configuration de la classe m’a obligé à penser différemment. »

 

L’utilisation des technologies et le travail d’équipe

Les enseignants apprécient particulièrement le TBI pour sauvegarder les éléments qu’ils écrivent. Ils peuvent ensuite rendre disponible le fichier sur une plate-forme d’apprentissage comme Moodle.

Les étudiants apprécient le travail d’équipe et l’interactivité. Toutefois, la classe peut rapidement devenir bruyante et, dans certains cas, empêcher certains étudiants de se concentrer sur la tâche. Il devient donc important que l’enseignant s’assure qu’il y a bien une plus-value de faire travailler les étudiants en groupes. Mentionnons également que les défis posés par le travail d’équipe dans les classes traditionnelles sont aussi présents dans une classe d’apprentissage actif. Comment s’assure-t-on que les étudiants travaillent bien en équipe?

…les défis posés par le travail d’équipe dans les classes traditionnelles sont aussi présents dans une classe d’apprentissage actif.

L’utilisation des technologies est appréciée des enseignants et des étudiants. L’accès à ces technologies permet de réaliser des activités pédagogiques impossibles à réaliser auparavant. Par contre, l’appropriation des technologies par les étudiants prend du temps. Il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs minutes avant que les étudiants ne soient connectés au réseau du Collège ou aient téléchargé le document présentant les consignes d’une activité! Dans un cours où le contenu est chargé, ce n’est pas l’idéal!

… l’appropriation des technologies par les étudiants prend du temps.

Malgré ces irritants, les enseignants ne veulent pas revenir en arrière!  Et vous, envisagez-vous d’aménager une classe active dans votre collège?

4 réflexions au sujet de « #CLAAC – au Collège Rosemont »

  1. En Sciences de la Vie et de la Terre et en technologie, dans mon collège on travaille par îlot de 4 à 6 élèves. Personnellement les travaux de groupes sont de plus en plus fréquents. J’aimerai bien voir des exemples de l’utilisation du TBI car j’en ai un que je sous utilise…

    1. Chez nous, nous utilisons le tableau blanc interactif (TBI) de la compagnie Smart. Selon moi, la « force » du TBI est le logiciel Notebook qui permet d’utiliser plusieurs outils interactifs. Par exemple:
      – Un dé pour choisir des équipes au hasard;
      – Un créateur de questions à choix multiples;
      – Des animations (j’en ai vu une sur le coeur);
      – Un enregistreur: certains enseignants utilisent cette option pour enregistrer une partie d’un cours ou pour faire de la pédagogie inversée;
      – Etc.

      Pour ma part, tout comme vous probablement, j’utilise principalement le TBI pour créer des notes que je peux sauvegarder et rendre disponibles à mes étudiants. J’utilise aussi le logiciel Notebook pour annoter des documents PowerPoint, pdf, Word, etc. La routine, quoi!

      Depuis peu, les étudiants utilisent des tablettes graphiques Smart Slate avec lesquelles ils peuvent exploiter le potentiel du logiciel Notebook. Le travail des étudiants peut alors être déposé dans un forum de discussion (dans Moodle) et corrigé par des pairs ou par l’enseignant.

      À part quelques exceptions, il n’y a qu’un TBI par classe. À moins d’envoyer des étudiants au TBI, seul l’enseignant bénéficie vraiment de l’outil!

      Je mets ici le lien d’une vidéo (tutoriel d’utilisation de Notebook) créée par une collègue de mon collège.

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