La classe inversée, qu’est-ce que c’est?

La classe inversée (flipped classroom) est un concept dont on entend de plus en plus parler sur Internet et sur les médias sociaux. Cette approche pédagogique consiste à inverser la tâche traditionnellement réalisée en classe avec celle traditionnellement réalisée à la maison. Le professeur demande donc aux étudiants de se familiariser avec des contenus à la maison, ce qui permet :

  1. de réduire considérablement le temps consacré aux exposés magistraux en classe;
  2. d’axer les parties théoriques d’une leçon davantage sur la discussion que sur la démonstration;
  3. de favoriser les échanges entre le professeur et les étudiants;
  4. d’optimiser le travail collaboratif en classe ainsi que les activités centrées sur l’étudiant;
  5. de favoriser une pédagogie différenciée.

Dans un contexte de classe inversée, on demande d’abord aux étudiants de travailler les nouveaux contenus à la maison. Ils doivent visionner des vidéos (ou consulter d’autres types de ressources numériques), prendre des notes, écrire leurs questions et faire quelques exercices formatifs en ligne. Ensuite, en classe, on débute par un retour sur les vidéos et sur les questions des étudiants. Par la suite, les étudiants travaillent en équipe sur une série d’exercices. On diminue ainsi le nombre d’heures de classe consacrées à la théorie au profit d’heures de classe consacrées aux exercices.

Il est important de bien réinvestir le temps de classe libéré afin de rentabiliser les heures contacts. On peut, par exemple, planifier des activités pédagogiques où les étudiants sont actifs plutôt que passifs. Ce type d’activités demande souvent beaucoup plus de temps et elles sont parfois éliminées de la planification d’un enseignant par manque de temps en classe. Comme la classe inversée est une façon de réorganiser l’espace temporel d’un cours, cela donne beaucoup plus de flexibilité au professeur pour que ce dernier puisse introduire ce genre d’activité. Ainsi, le concept de classe inversée peut être un bon point de départ pour ceux et celles qui songent à enseigner dans une classe d’apprentissage actif.

Contrairement aux modèles plus traditionnels, où l’étudiant doit faire des exercices à la maison afin d’atteindre la maîtrise des contenus, la classe inversée place l’étudiant dans un environnement davantage propice à l’apprentissage : il dispose de beaucoup plus de temps pour poser ses questions à ses collègues et à son professeur et est, de ce fait, vraiment actif dans son apprentissage. En outre, la classe inversée permet au professeur d’avoir beaucoup plus d’interactions avec ses étudiants, surtout avec ceux qui ont le plus besoin d’aide.

Ce modèle rend l’étudiant plus responsable de ses études, puisqu’il lui faut prendre en charge son apprentissage de la plus grande partie de la théorie d’un cours. Ce modèle a aussi pour effet d’obliger l’étudiant à être à jour dans son cours, ce qui l’amène à répartir – assez uniformément – sa charge de travail tout au long de la session.

Finalement, notons que l’utilisation de vidéos en contexte de classe inversée permet de mettre à niveau les connaissances antérieures des étudiants. Tous les étudiants n’ont pas le même bagage et tous n’apprennent pas au même rythme. Les vidéos peuvent être utilisées tant par les étudiants qui ont des difficultés d’apprentissage pour certains concepts (notamment dans le cadre d’un centre d’aide), que par les étudiants qui doivent s’absenter fréquemment (rendez-vous médicaux fréquents, sport-études, etc.) et que par les étudiants qui apprennent plus rapidement que les autres. Contrairement à un cours traditionnel, une vidéo peut être visionnée, en tout ou en partie, le nombre de fois que l’étudiant le juge nécessaire, et ce, au moment et au rythme qui lui convient le mieux.

9 réflexions au sujet de « La classe inversée, qu’est-ce que c’est? »

  1. Nous pratiquons la classe inversée au primaire (6e année) depuis le début de l’année et nous adorons!!! Nous bénéficions de plus de temps pour accompagner nos élèves quotidiennement. Oui, il nous a fallu du temps. Oui, nous y avons investi beaucoup d’énergie. Oui, nous avons dû réinventer notre geste d’enseigner et revoir nos pratiques pédagogiques. Mais ça en valait le coup! Des élèves motivés et des parents comblés, ça n’a pas de prix!

      1. Voici un aperçu d’horaire pour un cours.

        1) Je demande aux étudiants de visionner une certaine quantité de vidéos.
        2) Après le visionnement de chaque vidéo, l’étudiant doit répondre à un test formatif, idéalement en ligne (sur Moodle par exemple).
        3) Avant le début du cours, je regarde sur Moodle qui a fait l’ensemble du travail et quelles questions des tests formatifs n’ont pas été bien réussies.
        4) Au début du cours, je fais un retour sur la matière des vidéos avec les questions des étudiants et avec les questions des tests formatifs identifiées au point précédent.
        5) Travail en classe afin d’approfondir la matière contenue dans les vidéos.
        6) Répondre aux nombreuses questions des étudiants.
        7) Lorsque nécessaire, faire un temps d’arrêt afin d’expliquer une notion qui semble majoritairement incomprise, pour faire un rappel ou pour faire un retour sur la matière.

        Pour de plus amples informations, je vous suggère la lecture du livre « La classe inversée », de Jonathan Bergmann et Aaron Sams. Dans la version française du livre, il y a un chapitre supplémentaire (par rapport à la version originale anglaise) où j’y présente ma façon de faire.
        http://www.samuelbernard.ca/la-classe-inversee-traduction-francaise-du-livre-flip-your-classroom-est-maintenant-disponible/

    1. Je me demande comment vous procédez en classe ? Je désire intégrer cette façon de faire l’an prochain, mais comment faire bouger davantage les élèves ? Il me semble que dans ma classe, ils sont déjà actifs !!!
      Merci

      1. Concernant votre questionnement sur ma façon de procéder en classe, en plus de la réponse que j’ai donnée un peu plus haut sur cette page, je vous dirais que j’utilise parfois des exercices dirigés, d’autre fois des APP, sinon beaucoup de séances d’exercices. Par contre, on vise à augmenter l’utilisation du logiciel Maple dans nos cours (calcul différentiel et intégral, notamment).

        Dans un cours de statistiques, j’ai retourné aux étudiants l’essentiel du temps de classe gagné afin qu’ils travaillent sur un projet de session qui intégrait presque la totalité des contenus vus en cours de session. Sans ce temps de classe, les étudiants n’arriveraient pas à faire le travail, car la tâche demandée hors classe serait trop grande, sans parler du manque d’encadrement dont ils feraient face.

        Si vos étudiants sont déjà très actifs en classe, peut-être n’auriez-vous rien à gagner à faire une classe inversée. C’est à vous de voir si cela en vaut la chandelle. Je vous dirais de ne pas simplement faire de la classe inversée pour faire de la classe inversée, parce que c’est « la saveur du mois » sur les réseaux sociaux! Il faut que cela vienne d’une problématique que l’on souhaite régler, d’une situation que l’on souhaite améliorer. La classe inversée est une façon parmi tant d’autres pour rendre nos étudiants plus actifs dans leurs apprentissages.

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