Les stratégies d’enseignement dans une #CLAAC: une question de risque

Cet article s’adresse à toutes les personnes intéressées aux classes d’apprentissage actif mais plus particulièrement aux enseignants qui souhaiteraient faire leurs premiers pas dans une CLAAC mais qui n’osent pas encore. En effet, ces environnements sociotechnologiques peuvent donner des sueurs froides à un enseignant tellement il y a de choses à prendre en considération.

Comme je l’ai mentionné dans certains de mes exposés [Normand(2014)], une CLAAC présente trois éléments essentiels:

  • l’apprentissage actif;
  • la collaboration et la coopération;
  • l’utilisation des technologies.

Une recherche menée au Collège Dawson [Charles et al (2013)] a démontré que l’élément le plus important de la CLAAC est l’apprentissage actif. Les chercheurs mentionnent:

… la pédagogie est primordiale pour le professeur qui souhaite améliorer l’apprentissage des étudiants. L’adoption des nouveaux environnements sociotechnologiques doit impérativement être accompagnée de l’adoption d’une pédagogie active, si l’on souhaite profiter des avantages qu’ils offrent.

Alors, pourquoi ne pas commencer par cet aspect?

Quelles stratégies d’enseignement pour l’apprentissage actif?

Eison (2010) nous apprend que les stratégies d’enseignement qui favorisent l’apprentissage actif ont comme point commun d’engager les étudiants dans une tâche et de les faire réfléchir sur ce qu’ils font (traduction libre). Elles engagent les étudiants à:

  • utiliser des habiletés de pensée critique et créative;
  • discuter avec un collègue, avec des collègues d’un petit groupe ou en grand groupe;
  • exprimer leurs idées par écrit;
  • explorer leurs attitudes et leurs valeurs;
  • donner et à recevoir de la rétroaction;
  • réfléchir sur leur processus d’apprentissage.

Plus simplement, les étudiants sont engagés activement dans leur apprentissage lorsqu’ils réfléchissent, écrivent ou parlent.

D’emblée, on pourrait penser que l’apprentissage actif nécessite l’utilisation de  stratégies d’enseignement dont les scripts sont relativement bien établis comme par exemple l’approche par problèmes ou l’approche par projets. Toutefois, ces stratégies exigent une grande connaissance de leurs principes et une préparation importante de la part de l’enseignant; elles présentent donc des risques pour les étudiants et l’enseignant.

Les deux types de risque selon Eison (2010).
Les deux types de risque selon Eison (2010).

Alors, que faire?

Contrôler le risque

Eison (2010) classe les stratégies d’apprentissage actif en deux grandes catégories: les stratégies à faible risque et les stratégies à risque élevé.  Le tableau suivant compare les deux catégories de stratégies.

La distinction entre les stratégies à risque faible et à risque élevé.
La distinction entre les stratégies à risque faible et à risque élevé.

À l’instar d’Eison, Howden et Kopiec (2000) font une distinction entre une structure coopérative, qui est […] une façon d’organiser les interactions sociales  dans la classe au moyen d’une série d’étapes ou d’éléments que les élèves reconnaissent facilement, et la stratégie, qui est de plus grande envergure.

L'Apprentissage actif est les niveaux de risque
L’apprentissage actif et les niveaux de risque.

Selon les connaissances et l’expérience de l’enseignant, il est donc possible de planifier des activités de petite ou de grande envergure qui exploitent les principes de l’apprentissage actif, tout en exerçant un certain contrôle sur les activités. Ainsi, sans tout chambouler, un enseignant peut expérimenter des activités qui font appel à des structures coopératives à faible risque tout en respectant les principes de l’apprentissage actif.  Si vous utilisez déjà ces structures, il ne reste qu’un petit pas à franchir pour sauter dans l’arène d’une CLAAC!

De prochains billets de ce blogue traiteront de différentes stratégies et de différentes structures coopératives qui peuvent être mises en place dans une classe d’apprentissage actif.

C’est à suivre!

Bibliographie

Charles et al. (2013) L’adoption d’environnements sociotechnologiques comme moteur de changement pédagogique, Pédagogie collégiale, vol. 26, no. 3, p. 4-11

Eison J. (2010) Using Active Learning Instructional Strategies to Create Excitement and Enhance Learning, repéré le 13 février 2015 à http://www.cte.cornell.edu/documents/presentations/Eisen-Handout.pdf

Howden J. et Kopiec M. (2000) Ajouter aux compétences. Enseigner, coopérer et apprendre au postsecondaire, Chenelière/McGraw-Hill, Montréal, 159 pages.

Normand L. Quand les enseignants rencontrent les classes d’apprentissage actif, présentation donnée dans le cadre du 34e colloque de l’AQPC, Laval, le 5 juin 2014.

 

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