Qu’est-ce que l’apprentissage actif ? Un peu de théorie.

L’apprentissage actif a suscité beaucoup d’attention dans les réseaux scolaires depuis plus de 40 ans. Plusieurs auteurs se sont risqués à présenter des définitions de ce concept, mais un consensus est difficile à obtenir. En parlant de l’apprentissage par problèmes, l’une des méthodes associées à l’apprentissage actif, Dillenbourg (1999) proposait que le manque de définition commune s’explique par le fait que le concept est devenu une mode. Malgré l’effet de mode qui entoure aussi l’apprentissage actif, on peut retrouver plusieurs caractéristiques qui permettent de mieux comprendre le concept. Nous vous présentons ici quelques caractéristiques « en vrac ».

Travail en équipe

« Bon, j’écris l’introduction et la conclusion et toi tu fais les paragraphes. On assemble le tout 15 minutes avant la remise. »

À part quelques exemples isolés, toutes les méthodes d’enseignement associées à l’apprentissage actif impliquent des activités en équipe. La qualité des interactions ainsi que les stratégies de travail deviennent alors très importantes et on conseille parfois aux enseignants de former les étudiants sur le travail en équipe (Krajcik et al, 1998). En fait, le travail en équipe prend une si grande place dans l’apprentissage qu’il est nécessaire d’ajuster les activités pour inclure des mesures favorisant l’interdépendance. Ces mesures se manifestent entre autres par la répartition des tâches et l’attribution des notes de sorte que le succès individuel d’un étudiant est assuré ou favorisé par celui des autres membres de son équipe (Johnson, Johnson et Smith, 1998). Pour favoriser l’apprentissage, on peut aussi exiger des activités d’évaluation du travail en équipe, proposer des rôles aux étudiants et même des protocoles de communication (Westermann & Rummel, 2012). Enfin, les nouveaux outils de collaboration tels que Google Drive sont de précieux atouts pour faciliter le travail en équipe.

Les étudiants actifs où l’apprentissage est centré sur eux

« Mes étudiants sont actifs, car je leur donne des problèmes à résoudre sur la matière présentée. »

Dans l’apprentissage actif, le caractère actif des étudiants est souvent associé à la manière dont ils acquièrent les nouvelles connaissances. Par exemple, dans l’apprentissage par problèmes, ce sont les étudiants qui organisent les connaissances en partant d’une mise en situation ouverte et complexe proposée par l’enseignant (Schmidt, 1993; Barron et al. 1998). Plusieurs aspects de la matière sont alors visités par les étudiants lors de la recherche de solutions pour répondre au problème. L’enseignant qui utilise cette méthode doit donc se refréner à diffuser des informations sur la matière (enseignement direct). À l’Université McMaster, on a déjà même encouragé les professeurs à superviser des activités portant sur des sujets où ils n’étaient pas eux-mêmes experts de façon à ce qu’ils puissent se concentrer sur ce nouveau rôle (Barroes, 1996). Aussi, les étudiants sont appelés à réfléchir sur leurs stratégies d’apprentissage et à leurs techniques de travail dans le but de les ajuster continuellement. C’est le cas dans l’apprentissage collaboratif et coopératif, par exemple, où les étudiants doivent évaluer leur participation dans l’équipe et développer des stratégies de partage de l’information (Savery, 2006). Enfin, le caractère actif est aussi amené par des méthodes comme l’apprentissage par projets où les étudiants doivent réaliser des expériences et livrer un produit. On dit alors que l’apprentissage se fait dans l’action ou « Learning by doing » (Barron et al, 1998).

Bref, les étudiants héritent d’une plus grande responsabilité dans le rythme et la façon dont les connaissances sont acquises. En d’autres mots, l’apprentissage est centré sur les étudiants.

Changement de rôle de l’enseignant

« J’ai adopté l’apprentissage actif le jour où j’ai réalisé que l’on trouvait de l’information détaillée sur Google pour tous les sujets de mon plan de cours. »

Le rôle traditionnel de l’enseignant diffuseur de savoirs est considérablement transformé dans l’apprentissage actif. En fait, il ne diffuse plus (ou peu) d’information directement et s’attarde plutôt à soutenir les étudiants dans l’acquisition des connaissances. L’enseignant est actif : il circule dans les rangées et pose des questions aux étudiants de façon à orienter la formulation d’hypothèses ou leur propose des stratégies pour organiser les connaissances. L’enseignant est patient : plutôt que de donner l’information rapidement, il présente des ressources et suscite l’intérêt pour trouver la réponse. Ce changement de rôle n’est pas facile, mais l’absence d’enseignement direct traditionnel est nécessaire dans plusieurs méthodes afin de ne pas nuire au processus d’apprentissage des étudiants. Selon plusieurs auteurs, l’apprentissage par problèmes et l’échec productif sont particulièrement sensibles à ces interventions de l’enseignant (Cohen, 1994; Kapur, 2012). Enfin, le support à l’apprentissage n’est pas à négliger, car des expériences indiquent que les stratégies de régulation de l’apprentissage des étudiants représentent l’un des facteurs ayant le plus d’impact sur la performance scolaire dans le contexte de l’apprentissage actif (Yukselturk & Bulut, 2007).

En conclusion, l’apprentissage actif se manifeste dans la pratique par des méthodes d’enseignement centrées sur l’étudiant où l’apprentissage se fait surtout en équipe et où l’enseignant joue un important rôle de soutien à l’apprentissage en limitant, et parfois en éliminant complètement, celui de diffuseur de contenus disciplinaires. De plus, elles amènent une complexification du processus de planification des cours. Ce processus peut cependant être allégé par quelques astuces, des outils et d’autres trucs que nous partagerons avec vous tout au long du projet. Nous vous parlerons aussi des avantages pour l’apprentissage des étudiants.

À suivre…

8 réflexions au sujet de « Qu’est-ce que l’apprentissage actif ? Un peu de théorie. »

  1. merci d’avance pour ces information mais s’il vous plait je voudrais beaucoup de références sur l’apprentissage actif parce que je fais un thèse de magistère sous le nom L’efficacité d’un programme basé sur l’apprentissage actif pour développer l’apprentissage actif.
    merci d’avance pour votre aide

    1. Je vous recommande Strobel et van Barnevel (2009) comme point de départ. Vous trouverez aussi beaucoup de bons articles chez les auteurs Eric Mazur et Schmidt. Enfin je vous recommande Vernon et Blake (1993) : article très cité au sujet de l’efficacité de l’APP.

  2. Un autre outil intéressant qui permet de centraliser des ressources et des activités est Moodle. On peut ajouter les liens de fichiers créés par Google et ainsi dirigé rapidement les étudiants vers des activités avant ou pendant le cours.

    Les vidéos disponibles sur Youtube ou Dailymotion s’ajoutent de la même façon.

    Moodle offre un ensemble d’activités à réaliser en groupe pour varier les stratégies. En voici quelques-unes:

    – glossaire secondaire
    – forum de discussion
    – jeux éducatifs (mots entrecroisés)
    – base de données (fiche individuelle pour produire une encyclopédie)
    – wiki

    D’autres ressources permettent d’accompagner l’étudiant dans sa préparation avant un cours comme les tests en ligne.

    Bref, Moodle offre une centralisation des ressources et une variété d’activités.

    Bonne découverte.

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